La progression en drone FPV (freestyle)

Pour clôturer 2019, plutôt que de faire un énième edit « best of the year » (beaucoup l’ont déjà fait mieux que moi 😉 ), on va plutôt discuter « progression » 🙂

Quand on commence le FPV, après avoir vu des tonnes de super vidéos sur Youtube, on se demande combien de temps ça prendra pour arriver à faire des trucs sympa ! Ca sera le sujet de cet article, avec bien sûr quelques pistes/astuces pour progresser plus vite.

Comme d’habitude, il s’agit d’un retour d’expérience personnel, je suis encore loin d’être un pilote de folie et chacun aura ses « trucs » (n’hésitez pas à les partager en commentaires 🙂 ).

Avant d’entrer dans le vif du sujet et donner un exemple concret, j’ai commencé il y a un an et demi (août 2018), voilà où j’en suis aujourd’hui:

Même si je kiffe sur le moment, à posteriori je suis rarement satisfait de mes vols et je vois toujours pas mal de choses à corriger (et tant mieux, sinon ça serait chiant ;), mais je suis quand même assez content des progrès réalisés depuis mes débuts.

La courbe de progression est différente d’une personne à l’autre, il n’y a pas de secret, il faudra beaucoup pratiquer pour s’améliorer : personne ne volera comme Johnny FPV, Steele ou J-True après 6 mois 😉

Les débuts

Je laisse complètement de côté l’aspect technique/build/électronique/configuration… Il y a énormément de choses à apprendre (ou plutôt à comprendre), mais ce n’est pas si compliqué. Dans mon cas ce fut assez rapide, traînant depuis longtemps dans l’univers de l’impression 3D, des Arduino, de la robotique etc. Mais pas de panique, il y a énormément de ressources en ligne, y compris en français (cf : Concevoir son drone : du choix des composants au premier vol).

La première chose qui me vient quand je pense à ma progression, c’est que ça se passe par paliers. On peut passer des semaines en ayant l’impression de stagner et un jour, paf, un cap est franchi et ainsi de suite. Il ne faut donc pas se décourager pendant les phases « plates » 🙂

Un point important aussi : passer en acro au plus tôt, ne pas perdre de temps en mode stabilisé. On peut se rassurer sur les premières lipos en mode stabilisé, éventuellement l’activer pour l’atterrissage, mais éviter d’y rester au delà d’une session ou deux.

Au début, c’est assez simple : on se focalise sur la gestion des gaz et des virages. Des environnements avec peu de hauteur sont idéaux pour cela (exemple : garages sous-terrains). Une fois qu’on sait à peu près se déplacer, on a tendance à se précipiter sur les tricks : on veut envoyer des powerloops, les flips, des rolls etc. De nombreux tutos sont disponibles pour les apprendre.

C’est sans doute aussi le moment où nos vols sont les plus horribles : les tricks sont mal maîtrisés, mal enchaînés, on sur-corrige en permanence. Bref, on commence à s’amuser, mais c’est sacrément moche 😉

Mon premier conseil découle d’une observation toute bête : un vol simple mais propre, sans ajustement parasite, dans lequel on perçoit de la confiance au niveau des sticks sera beaucoup plus classe (et agréable à regarder) qu’un vol fébrile qui enchaîne une dizaine de tricks de manière hasardeuse. Donc avant de vouloir maîtriser 50 tricks, je recommanderais de prendre une petite période pour essayer de « nettoyer » son style de vol et gagner en confiance.

Progresser efficacement

Je n’en ai pas encore parlé, mais notre meilleur ami est le simulateur ! On ne casse pas, pas besoin de bouger sur un spot, pas de lipos à charger/changer, pas de contrainte météo, on peut tout tenter sans prendre de risque, et on a accès à une multitude de maps adaptées pour tous les types d’exercices.

Il est fortement recommandé de faire quelques heures de simulateur avant son premier vol réel. Ca sera un atout considérable pour faciliter les débuts.

Quel simulateur ? ce n’est pas le sujet de ce billet, mais pour en avoir essayé pas mal, celui qui m’a conquis c’est Velocidrone. Liftoff est probablement le plus répandu (je l’ai beaucoup utilisé avant de découvrir Velocidrone). Pour en citer quelques autres que j’ai trouvés pas mal : DFL, DCL, GTA V…

Habitant à quelques centaines de mètres du périph parisien, voler n’est pas évident, et dans le meilleur des cas, je trouve un créneau par semaine. En gros, je vole 2 à 4 fois par mois selon la météo. Le simu est donc indispensable et… quotidien ! 😉 J’essaie d’en faire tous les jours pendant 20-30 minutes. Le but est d’avoir une pratique régulière mais que ça reste toujours un plaisir et jamais une contrainte, sinon la pause s’impose 😉 Inversement, pas de pression, si je n’ai pas le temps de faire du simu pendant quelques jours, ce n’est pas grave non plus.

Maintenant, il s’agit de rentabiliser au mieux le temps de simulateur imparti 🙂 Il faut se fixer des objectifs et s’imposer quelques exercices. Par exemple, sur une session, j’essaie de prendre 5-10 minutes pour faire un peu de course. Ce n’est pas spécialement mon truc, mais ça permet de bien progresser : en Freestyle, on improvise beaucoup et on s’adapte aux situations dans lesquelles on se trouve. La course impose des trajectoires, des gaps, des tracés bien spécifiques, on gagnera beaucoup en précision !

Ensuite je prends une dizaine de minutes pour bosser un truc particulier : un nouveau trick, une semaine orientée rewinds, dives, stabilisation du Yaw etc. Enfin, 5-10 minutes de freestyle libre, pour s’amuser et entretenir les tricks déjà connus.

Bon, on ne va pas se mentir, des fois, je fais aussi que du freestyle pour le fun, sans rien travailler de précis 😉

La vidéo

Comme je ne vole pas autant que j’aimerais, je ne m’impose pas trop de contraintes lors des sessions. Je tente quelques nouvelles choses maîtrisées sous simu, mais avant tout je me fais plaisir. Et surtout, je filme pratiquement tout : ça évite de se mettre la pression « parce qu’on filme pour faire un edit ». Si y a des images exploitables tant mieux, sinon ça sera poubelle.

Mais avant la poubelle, ça se regarde ! La vidéo, tout comme le simu est un excellent outil pour s’améliorer. Ne pas hésiter à prendre 15 minutes après une session pour regarder rapidement ses rush et chercher les défauts, ce qui peut être amélioré. Voici quelques exemples :

  • « mais je roll toujours dans le même sens ! » ==> travailler les tricks de manière symétrique
  • « ca manque de sensations, de vitesse » ==> essayer de voler plus bas, passer plus près des obstacles
  • « ca manque de fluidité » ==> travailler les enchaînements/transitions
  • « c’est pas propre » ==> s’appliquer pour limiter les mini ajustements
  • « c’est trop répétitif, on s’ennuie » ==> varier les tricks
  • etc.

Ne pas hésiter à solliciter des avis externes pour avoir d’autres pistes 🙂

L’inspiration pour aller plus loin

Au bout d’un moment, on a fait le tour des principaux tutos tricks. C’est pas bien grave, on arrive assez facilement à deviner comment faire une nouvelle figure en la regardant. Le simulateur autorise aussi à pas mal de créativité (parfois au hasard d’un loupé ;).

Il y a aujourd’hui beaucoup d’excellents pilotes qui produisent de super vidéos de Freestyle, et ils constituent une formidable source d’inspiration ! Quand une vidéo me plaît, je prends un peu de temps pour comprendre pourquoi et l’analyser plus en détails : est-ce que ça vient du flow, des tricks, du rythme etc.

Il reste plus qu’à mettre en pratique ces observations sur simulateur, piocher à gauche à droite, ajouter sa patte et explorer de nouveaux horizons pour toujours progresser 🙂

Bon, le Flow, c’est quoi ?

C’est un mot qui revient souvent et je vois que chacun a un peu sa propre définition, même si ça évoque toujours un bon niveau de maîtrise.

Pour moi, ça évoque essentiellement un vol fluide qui a son propre rythme, avec des transitions naturelles et harmonieuses entre les différents tricks.

Le Flow c’est aussi souvent identifié comme un « état mental », un moment où les astres sont alignés, où l’on est touché par la grâce, tout paraît simple et s’enchaîne proprement et instinctivement : tout passe quoi 😉 La psychologie parle d’état d’hyper-concentration.

Voler en musique peut aider à trouver ce flow, apporter du rythme à nos vols et favoriser la créativité. Ecouter de la musique n’est pas toujours faisable en réel, mais sur simulateur, il ne faut pas hésiter 🙂

Pour d’autres, ça correspond simplement au style d’un pilote.

En résumé ?

On ne devient pas bon en quelques heures ni quelques mois et on ne progresse pas tous à la même vitesse. Mais on progresse tous (normalement 😉 ) et les quelques idées à retenir de cet article sont les suivantes :

  • Voler régulièrement, que ça soit sur simulateur ou en réel
  • Sur simulateur, varier les exercices : courses, nouveaux tricks freestyle, détente, le tout sur des cartes/environnements différents
  • Analyser et critiquer ses propres vols
  • Analyser et s’inspirer de bons pilotes
  • Voler en musique

Au bout d’une bonne année en suivant ces conseils les bases sont acquises et on est à l’aise avec son drone. On n’est toujours pas Johnny FPV, loin de là, mais on s’est bien éclaté, et on est motivé pour continuer à progresser 🙂

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